01 septembre 2006
Retour de flamme.
Dimanche 3 juillet. Je repars. Et en deux mois, tout le monde a grandi - plus personne n'a le temps. Ils voulaient se retrouver, demain, avant le grand saut, et ils ne resteront pas longtemps en fait, tous pensant à autre chose, au lundi 4, à l'emménagement, aux papiers à régler, à l'appartement pas encore trouvé, la carte imagin'R à faire faire, les lettres à rédiger. J'ai en tête cette image, une barque qui nous emmène sur une rivière calme, puis à travers les rapides, avant d'atteindre la chute, et la barque qui explose, et cette barque revient toujours, à intervalles réguliers, avec de nouveaux occupants.
Je repars après-demain. Je vais rencontrer ces quarante-quatre autres qui viennent de partout. Qui sont comme moi si différents.
Il n'y aura plus de posts ici. Ni nulle part. Tout simplement.
je pars aussi puisque je les vois tous partir, je vois tout partir, ne pas avoir le temps et je m'éloigne aussi et je n'ai pas le temps non plus. Pas le temps de m'attarder, pas le temps de vous voir, pas le temps de vous haïr ni de parler de trahison, juste celui de me détester, de partir, prendre la barre, saborder la barque, je ne veux pas vous garder, je voudrais mais je n'ai pas envie d'en avoir la force. Si tout ne paraît pas clair, c'est parce que rien n'est clair. C'est parce que je m'en vais, je m'en vais je vous dis, je suis sérieux, vous ne m'écoutez pas. Mes mots sonnent un vide de désespoir, pas moins qu'une absence. Sans la réflexion ; je ne veux pas me calmer. Je veux vous dire adieu, je ne sais pas pourquoi. Dimanche 3 septembre, je m'en vais. Je ne reviens pas.
19:31.
Un souffle, 3 soupir(s) et une éternité de silence.
Je m'appelle toujours K., j'entre en prépa scientifique au lycée Henri IV et je viens d'avoir mon bac à 18,13 (parce que je suis prétentieux et fier). Je suis parti à New York, j'ai vu, j'suis revenu. Et c'est quand je suis ici, que je prends des vacances de la vie.